Mon expérience de l’auto-édition

Depuis ma première campagne de crowdfunding, je reçois parfois des mails de personnes désireuses de connaître mon parcours dans l’auto-édition. De la réflexion jusqu’aux envois des livres, je vous dis tout sur l’auto-édition, ou du moins, mon expérience…

Hasard ou coïncidence, comment la graine a poussé dans ma tête :

Tout a commencé chez mon médecin, alors que j’étais enceinte de 6 mois. J’étais prise de contractions très désagréables au moindre effort. Il m’a alors mis en garde : soit je lève le pied et je ne m’occupe que du strict minimum (mes deux enfants par exemple ^^), soit je risque d’être hospitalisée. Message reçu, doc !
Dans le même temps, je me penche sur l’envie de préparer mes enfants à la future naissance de leur petit frère. Je me tourne vers des livres sur le sujet, ainsi que des histoires autour de la grossesse et l’accouchement à domicile, puisque nous espérons que ce troisième bébé naisse lui aussi à la maison. Mais ce que je trouve est généralement assez éloigné de nos projets, notre « style de vie ». Bon… J’ai donc du temps libre et aucun livre sympa sur l’accouchement, l’allaitement, … Hey ! Et si je l’écrivais moi, ce livre ?

Ca fait dix ans que je n’ai plus « vraiment » dessiné… Je sors de mes caisses poussiéreuses mes pinceaux, et aquarelles, et, la main tremblotante, j’écris le storyboard de l’histoire qui deviendra « Comment naissent (aussi) les bébés »…

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Le projet du livre prend vie :

J’ai trouvé mon passe-temps donc : je peins l’histoire de mon suivi de grossesse, NOTRE histoire, pour mes enfants. C’est une activité calme, et j’aime beaucoup l’idée de leur transmettre ce livre unique… Oui mais les copines sont derrière !

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Elles me parlent de l’éditer et me poussent à contacter les maisons d’édition. Je fais quelques recherches, je tombe sur des forums d’auteurs/illustrateurs qui parlent de leurs expériences – souvent douloureuses – avec les éditeurs. Je vais rester brève sur ce point car je n’ai au final aucune expérience personnelle, si ce n’est que sur 2 mails envoyés à des maisons d’édition ciblées, je n’ai jamais reçu de réponse. Les avis des auteurs/illustrateurs que j’ai récoltés m’ont rapidement refroidie… Je pense d’emblée à l’auto-édition. Je n’y voyais que des avantages :
– pas besoin de négocier mes droits d’auteur avec l’éditeur (c’eut été pour moi une partie vraiment pénible. Je suis mauvaise en négociation).
– le projet reste intact, personne ne viendra me dire « fais ceci, change cela ». Je suis seule maîtresse à bord, et j’ai horreur des patrons !
– mon livre est rapidement sur le marché. Une fois terminé, envoi à l’imprimeur, et 2 semaines plus tard, les livres sont prêt. Dans le monde éditorial classique, il faudrait apparemment plusieurs mois avant de voir son livre dans les magasins.
– C’est une chouette façon de démarrer une carrière (éphémère ou pérenne) d’illustratrice. Hop t’as vu, je pars de rien, et hop en 3 mois, j’ai une page facebook de 1000 personnes « qui aiment ça ». Not bad, quand même 🙂

Je n’ai pas fait le tour des plateformes de crowdfunding… Je connaissais Ulule, je connaissais des success-story d’auto-édition sur cette plateforme là… J’ai proposé mon projet sans trop y croire d’abord, chez eux.
J’ai donc envoyé un petit résumé, quelques photos des premiers dessins que j’avais fait… Et là, tout s’est enchaîné. Vite… Très vite !
Le lendemain, je recevais un mail de leur part : « Bonjour, Merci d’avoir déposé votre projet sur Ulule ! Nous avons accepté votre proposition initiale. Avant de le soumettre à notre équipe pour relecture, vous devez mettre en page et en image votre projet ».
Wow… Ca devient sérieux en fait ? Je claque une mise en page dégueulasse sobre et simple, après avoir rapidement imaginé les contreparties, et je renvois le projet pour relecture le lendemain. Le projet est accepté quelques heures plus tard et mis en ligne . Excitation à son comble !

Comment le livre est né :

Mise en ligne, partages massifs sur les réseaux sociaux, cagnotte qui s’envole… Les premières heures, je les ai passé les yeux larmoyants rivés sur mon écran d’ordinateur… 48h plus tard, la cagnotte dépassait les 3000€, soit l’ensemble de la somme que j’avais rapidement calculé sur un coin de feuille incluant les frais d’impression, d’envois, matériels, les commissions et les frais annexe.

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Je n’y croyais pas. Mes petits dessins, que je créais pour mes enfants, allaient se retrouver dans quelques semaines entre les mains de centaines d’autres enfants. C’était incroyable, inespéré et encore aujourd’hui, j’avoue que j’ai du mal à croire à ce superbe coup de chance.

Cependant, j’ai commis quelques erreurs :
Je n’ai pas calculé le temps de travail nécessaire ni établi de planning précis… Et j’avoue, c’était quand même TRES serré. (En 2 mois, j’ai donc écrit un livre, dessiné une trentaine de portraits personnalisés, fais de la pub, communication, géré les mail, organisé les commandes pour les petits cadeaux supplémentaires, le packaging, … et j’en passe. J’avais sous-évalué le poids du travail de l’auto-édition… SURTOUT en fin de grossesse).
Gardez en tête que vous effectuez le travail de plusieurs personnes, et que vous devrez porter plusieurs casquettes… Et parfois même celles qu’on n’aime pas !

Au final, j’ai atteint la jolie somme de 7070e, soit 235%
Malheureusement, ce n’est PAS ce que l’on reçoit.
Vous devez compter que 8% seront prélevés de cette somme. En plus, plusieurs comptes (paypal et bancaires) n’étaient soit pas approvisionnés, soit inactifs. Ce sont donc une dizaine de contributions qui ne sont pas reçues.
On peut donc enlever quasi 1000 euros.
L’imprimeur ensuite ! J’avais choisi de passer par un imprimeur de mon pays. Les plateformes en ligne sont pourtant très intéressantes et leurs prix défient toute concurrence, mais j’ai fait le choix de l’éthique.
J’ai dû, en plus des livres, faire imprimer les petits cadeaux bonus : des cartes postales, et des stickers, ainsi que des marque-pages compris dans un pack. Au bas mot : 3000€
N’oublions pas les enveloppes bulles et les frais d’envoi… Au secours ! Pour les envois français, c’est mon amoureux qui s’est levé tôt un samedi pour aller jusqu’à la frontière française, coller des centaines de timbres sur les enveloppes et les envoyer du pays même.
Rien qu’en frais de port, j’en ai eu pour un gros millier d’euros.
Ajoutez à cela les frais matériels (j’avais investi pas mal en bons pinceaux, et aquarelles extra-fines) et quelques frais annexes.
Au final, les quelques bénéfices que j’ai fait m’ont servi à racheter du matériel supplémentaire et de qualité pour la suite, qui je l’espère, deviendra une vraie carrière.

Petite anecdote que j’ai trouvé drôle/culottée : J’ai reçu quelques mails de personnes pour savoir combien « je me faisais » par livre. La cagnotte, c’est vrai, a atteint une somme qui est relativement impressionnante. Malheureusement, je ne suis pas devenue riche même si j’ai gagné une somme agréable compte tenu du fait que ce livre était initialement un projet qui devait rester dans les murs de mon appartement.

Et les impôts ?

Aaaah… Big up à la jalouse qui m’a sorti que je devais déclarer « ça » aux impôts. Si tu passes par ici, je te rassure : tout ça sera déclaré, promis ! Car j’ai la chance de vivre avec un comptable, et vu que parler chiffres me rebute au plus haut point, je lui laisse cette merveilleuse partie. En Belgique, de ce que j’en ai compris, il n’existe pas encore de loi claire sur la façon de déclarer ses revenus engrangés par le crowdfunding. Mon comptable de mari a donc démarché à plusieurs reprises auprès de l’administration qui n’a jamais su répondre à ses questions. Nous attendons donc encore une réponse, mais si nous n’en obtenons pas d’ici la prochaine déclaration à remplir, je suppose qu’il faudra déclarer la somme en frais exceptionnels (soit taxé à … 30%)… Gardez donc vos factures bien précieusement afin de déduire un maximum de frais 😉

En résumé !

L’auto-édition c’est :
– dessiner et écrire (jusque là, vous me direz… logique).
– mettre en page et relire (big up à ma bff et mon beau-frère)
– communiquer… C’est grâce aux réseaux sociaux, à mes posts, et aux partages, que ce livre a reçu autant de soutiens. Rappelez-vous que je ne partais… de rien !
– Répondre aux mails/questions (et ils sont nombreux).
– Faire des devis chez des imprimeurs.
– Envoyer sa demande pour obtenir un numéro ISBN
– Gérer la partie des envois (et ômaymay… C’est surement le plus long et le plus rébarbatif. Il nous a fallut une journée, à deux, pour empaqueter tout).
– Débarquer à la Poste et dire « bonjour, je dois envoyer 300 colis de 200 gr et 140 colis de 400gr. Ca fait combien de timbres s’il vous plaît ? ». Ca fait toujours sensation.

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J’ai sous-évalué non seulement le temps que me prendraient toutes ces tâches, mais j’ai aussi sous-évalué les coûts d’envoi. Au final, je pensais quand même gagner un peu plus, mais je n’ai pas à bouder pour autant car je me rappelle aussi que : c’est mon premier livre, ça m’a permis d’apprendre pas mal de choses dans ce domaine, et surtout… C’est le début de l’histoire du livre « comment naissent (aussi) les bébés » qui semble plaire énormément aux parents, et aux enfants, et de Gayelle.

Un mot sur Ulule :
Les collaborateurs sur Ulule sont très sympas et réactifs ! J’ai rarement du attendre plus d’un jour pour obtenir une réponse. Le site est joli, l’éditeur de page est classique mais facile à prendre en main.
Je ne changerais pas de plateforme si je devais publier un troisième bouquin en auto-édition. Mon seul regret : ne pas avoir été mise en avant l’espace d’une journée, ni reprise dans la newsletter hebdomadaire. J’ai cru comprendre que ça peut être un fameux coup de pouce…
Pour l’actuelle campagne, il reste 10 jours. J’ai encore espoir d’être reprise dans la newsletter, ou en projet du jour.

 

6 commentaires sur « Mon expérience de l’auto-édition »

    1. Oui, je dois avouer que, sur bien des niveaux, j’ai été très étonnée (du succès qu’il a eu et a encore, de toutes les étapes qui se sont bien enchaînées, de ce bébé qui est arrivé quand TOUT était finalisé et terminé… Timing parfait 🙂 )

      Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup !
      En effet, ce n’est pas négligeable, et il faut vraiment en tenir compte dans ton calcul initial lorsque tu déposes ta proposition de projet. Et pour être certaine, j’enlève même 10% vu que j’ai eu des contreparties qui n’ont pas été validées. Mais ça reste un super lanceur de projet, et les collaborateurs sont vraiment très sympa et réactifs 🙂

      Aimé par 1 personne

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